La psychogénéalogie est une approche thérapeutique qui s’intéresse aux transmissions inconscientes au sein des familles. Elle part d’un constat : une partie de nos comportements, de nos émotions et de nos difficultés trouve ses racines non dans notre histoire personnelle, mais dans celle de nos ancêtres.
Les origines de la psychogénéalogie
La psychogénéalogie a été formalisée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberger, psychologue française. Son ouvrage Aïe, mes aïeux ! (1993) a popularisé le concept de « syndrome d’anniversaire » : la répétition inconsciente, d’une génération à l’autre, d’événements traumatiques survenus aux mêmes âges ou aux mêmes dates.
D’autres chercheurs ont contribué à l’édification de cette discipline : Nicolas Abraham et Maria Torok avec le concept de « crypte » et de « fantôme », Françoise Dolto avec la notion de transmission inconsciente, ou encore Ivan Boszormenyi-Nagy avec les « loyautés invisibles ».
Comment fonctionne la transmission familiale inconsciente ?
Nos ancêtres ont vécu des traumatismes, des secrets, des deuils impossibles. Lorsque ces événements n’ont pas pu être symbolisés, exprimés ou intégrés, ils peuvent « voyager » d’une génération à l’autre de manière inconsciente.
Cette transmission ne passe pas nécessairement par la parole — elle peut se manifester à travers des comportements, des maladies récurrentes, des schémas répétitifs, des phobies inexpliquées ou des blocages persistants.
Le chercheur Didier Dumas a montré comment les non-dits familiaux pouvaient « hanter » les descendants, même sans qu’ils en aient conscience.
Le génosociogramme, outil central de la psychogénéalogie
Le principal outil de la psychogénéalogie est le génosociogramme, mis au point par Anne Ancelin Schützenberger. Plus qu’un simple arbre généalogique, il cartographie sur plusieurs générations :
- Les prénoms et dates de naissance, mariage, décès
- Les métiers, migrations, événements marquants
- Les maladies, accidents, traumatismes
- Les répétitions de dates ou de situations
Ce travail cartographique révèle des « résonances » — des échos entre des événements vécus par différents membres de la famille à travers le temps.
Psychogénéalogie et autres thérapies : quelles différences ?
La psychogénéalogie se distingue des approches classiques par son champ d’exploration : là où la psychothérapie individuelle s’intéresse principalement à l’histoire personnelle du patient, la psychogénéalogie remonte aux générations précédentes pour comprendre l’origine des schémas répétitifs.
Elle est souvent pratiquée en complément d’autres approches (EMDR, thérapie cognitivo-comportementale, travail somatique) et n’entre pas en concurrence avec elles.
Pour qui est indiquée la psychogénéalogie ?
La psychogénéalogie peut être bénéfique pour toute personne qui :
- Constate des répétitions dans sa vie (échecs amoureux, professionnels, maladies récurrentes)
- Ressent un sentiment de « ne pas être à sa place » ou d’être « différent » dans sa famille
- Traverse des difficultés dont l’origine lui semble inexpliquée
- Souhaite mieux comprendre son histoire familiale pour s’en libérer
Il n’est pas nécessaire de tout savoir de son arbre généalogique pour commencer. Le travail se fait avec ce qui est disponible — parfois même avec les silences et les zones d’ombre.